Titre

L'histoire du véritable Gribouille

Genre

conte

Date de la première parution en volume, chez Blanchard-Hetzel (grand in-16)

1850

Édition présentée

Gallimard (Folio junior) - 1978
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Résumé de l'oeuvre

Gribouille est un enfant aimant et plein de droiture. Il est le dernier d'une famille de sept enfants. Tous ses frères et soeurs, ainsi que ses parents, ont un caractère bien différent de lui. Ils sont voleurs, menteurs et pilleurs. Voyant qu'ils ne parviennent pas à rendre Gribouille comme eux, ils font de sa vie un véritable enfer, faisant pleuvoir les coups et les injures. Un jour, alors que Gribouille s'est réfugié dans une forêt près d'un grand chêne, un bourdon le pique. Au lieu de tuer l'animal, l'enfant lui parle gentiment et le laisse s'en aller. Il soigne ensuite sa blessure avec des herbes médicinales et s'endort. Il est réveillé par un bourdonnement bizarre. Terrifié, il voit se dresser devant lui un homme étrange avec des yeux énormes. Ce dernier déclare à Gribouille qu'il peut réaliser tous ses voeux. Mais l'enfant souhaite une chose irréalisable : il veut que ses parents l'aiment. L'homme lui dit qu'il peut lui donner de l'esprit, mais Gribouille refuse se rendant bien compte qu'avec de l'esprit il perdra sa bonté. L'homme n'insiste pas et Gribouille rentre chez lui. Sa mère lui apprend qu'il a été réclamé par un certain M. Bourdon qui distribue son or par poignées et qui va s'installer dans un château voisin. Gribouille se rend chez M. Bourdon qui ressemble à l'homme aux gros yeux de la forêt. Ce dernier lui propose de demeurer chez lui afin qu'il lui enseigne tous ses pouvoirs. Mais Gribouille ne veut pas quitter ses parents. Il rentre chez lui où, au lieu de la reconnaissance qu'il espérait pour sa fidélité, il reçoit une pluie de coups. On le renvoie chez M. Bourdon. En chemin, Gribouille rencontre une femme merveilleuse qui lui déclare être la reine des abeilles. Elle veut faire la paix avec les bourdons et choisit Gribouille comme messager. Elle souhaite proposer sa fille en mariage à M. Bourdon. Le mariage a lieu. Le royaume est plongé dans le malheur sous le règne de M. Bourdon. Les gens se détestent et s'entretuent. Les riches ne sont pas contents car ils veulent être plus riches. Les pauvres sont envieux des riches. M. Bourdon amène alors Gribouille près du gros chêne où ils se sont rencontrés. C'est le moment où il doit lui transmettre ses pouvoirs. Il lui fait croquer un gland et Gribouille est plongé dans une sorte de torpeur. Il voit le grand chêne s'entrouvir dans une vision d'horreur. Le monde des abeilles est attaqué par une horde de bourdons. Il s'ensuit un horrible carnage à la fin duquel les fourmis viennent se repaître des cadavres. M. Bourdon expose sa vision du monde : les abeilles créent et thésaurisent, les bourdons ont le rôle enviable de piller tout ce qu'elles ont amassé. Gribouille refuse la magie de M. Bourdon. Il demande si des magiciens préférant le bien existent. M. Bourdon dit que oui, mais pour lui ce sont des idiots qui ne peuvent pas toucher les hommes. Gribouille s'enfuit. Il est poursuivi par M. Bourdon qui s'est transformé en un animal énorme et effrayant. L'enfant se jette dans un ruisseau. Il appelle les bons génies à son secours. Une libellule lui montre le chemin et l'aide à échapper au bourdon. Au terme de sa fuite, Gribouille se retrouve sur une île toute pleine de fleurs magnifiques qui murmurent le nom de l'enfant avec joie. La reine des prés apparaît. C'est une fée magnifique qui transforme toutes les fleurs en sylphes, bons génies et petites fées. Elle a aussi le pouvoir de rendre tout le monde heureux par un simple sourire. Gribouille demeure cent ans dans l'île des fleurs. Il y apprend le bonheur d'aimer et d'être aimé. Au bout de ces cent ans, la Reine lui explique qu'il doit retourner dans son pays, qui demeure sous la mauvaise influence du bourdon. Il doit transmettre le bonheur d'aimer. Pour combattre le pouvoir maléfique du mauvais génie, on lui remet un bouquet de fleurs dont le parfum donne une peu de douceur aux mortels. Gribouille parvient à ramener vers le bien la moitié de la population de son pays. Alors M. Bourdon le fait jeter au cachot. La Reine des prés apparaît à l'enfant. Elle lui révèle qu'une guerre effroyable se prépare : la moitié de la population qui a été ramenée au bien, aidée par les bons génies transformés en oiseaux, devra combattre les bourdons et les abeilles ainsi que la moitié de la population qui demeure sous leur mauvaise influence. La Reine apprend aussi à Gribouille qu'il va devoir mourir pour que le bien triomphe.
Au début de la bataille, en voyant apparaître la Reine des prés et son armée d'oiseaux, le Roi Bourdon fait venir Gribouille et menace de le jeter dans un brasier si la Reine poursuit son attaque. La Reine hésite. Alors Gribouille se jette lui même dans le feu. Le bien triomphe. L'empire du Bourdon est anéanti. Le bonheur règne dans le pays de Gribouille. Sur les cendres de son bûcher a poussé une fleur magnifique. La Reine l'emporte dans son île. Gribouille y vivra éternellement heureux, cent ans sous la forme d'une fleur et cent ans sous la forme d'un bon génie.

Le début

Il y avait une fois un père et une mère qui avaient un fils. Le fils s'appelait Gribouille, la mère s'appelait Brigoule et le père Bredouille. Le père et la mère avaient six autres enfants, trois garçons et trois filles, ce qui faisait sept, en comptant Gribouille qui était le plus petit.
Le père Bredouille était garde-chasse du roi de ce pays-là, ce qui le mettait bien à son aise. Il avait une jolie maison au beau milieu de la forêt, avec un joli jardin dans une jolie clairière, au bord d'un joli ruisseau qui passait tout au travers du bois. Il avait le droit de chasser, de pêcher, de couper des arbres pour se chauffer, de cultiver un bon morceau de terre, et encore avait-il de l'argent du roi, tous les ans, pour garder sa chasse et soigner sa faisanderie ; mais le méchant homme ne se trouvait pas encore assez riche...

Les éditions

actuelles : Safrat 1986 - Albin Michel 1987 - Casterman 1995

contemporaines : Hachette 1924 - Mame 1936, 1945 - Delagrave 1949 - Le Club Français du Livre 1957

19e siècle : E. Blanchard 1851 - J. Hetzel 1880